Histoire de la crème glacée à Carcassonne.

Tout a commencé en 1972. Le président de la coopérative laitière Union Laitière Pyrénées Aquitaine Charente décide de créer une usine de crème glacée pour valoriser le lait des producteurs et propose de créer cette unité à Carcassonne.
Une vingtaine de salariés est embauchée.
Aucun dirigeant, aucun employé, n’a de connaissance dans la crème glacée mais après plusieurs mois de tâtonnement les premiers litres sortent de l’usine. La valorisation du lait de producteurs du grand sud ouest de la France commence et ne s’arrêtera plus.
Les produits sont créés dans le laboratoire de l’équipe de recherche et développement. Sur les chaînes de production les salariés se perfectionnent et se spécialisent. La qualité est au rendez-vous et les produits se vendent très bien.
En 1977 : l’atelier de production est agrandi pour répondre aux commandes.
La crème glacée est faite avec du vrai lait (et non avec du lait reconstitué d’un mélange d’eau et de poudre de lait) de la crème fraîche et des arômes naturels et un pourcentage d’air de 100 % pour la crème glacée et 25 % pour les sorbets. L’entreprise compte alors 50 salariés en CDI.
En 1985 : Le groupe ULPAC devient 3A après l’alliance avec Centre Lait, une autre coopérative laitière de centre de la France.
Dans le même temps le groupe crée des filiales en sectorisant les différentes productions de la coopérative :
LFO SA : production de fromage
3A SA : production de lait UHT
Maison Boncolac SA : température négative (Pâtisserie surgelée, crème glacée).
Seule la collecte de lait reste coopérative soit une vingtaine de salariés sur 2 000 que compte le groupe.
La production se fait alors, à 99 %, sous la marque PILPA.
Vers 1985, pour augmenter les volumes, la direction prend la décision de produire pour les marques de distribution.
Et à compter de 1987, la notion de qualité se dégrade et on nous parle plus que de « qualité perçue ».
L’entreprise compte 160 CDI et emploi plus 100 intérimaires en équivalent temps plein.
Pour abaisser les coûts de revient du produit, on nous demande d’optimiser les recettes au maximum au détriment de la qualité.
En 1991 : la surface de production est doublée, avec des machines modernes pour faire de grosses productions.
Produire toujours plus au moindre coût est le but principal de la direction c’est la course au profit, les conditions de travail et la qualité se dégradent, les augmentations de salaire sont minimes.
Annualisation du travail (48 heures l’été et 32 heures l’hiver), les 3×8 de février à juillet, précarisation du travail par l’emploi d’intérimaires, l’entreprise ne compte plus que 130 CDI alors que la production passe de 15 millions de litres à 33 millions de litres.
Pourtant les produits qui sortent de notre atelier sont rentables et permettent au groupe 3A de survivre malgré des malversations au plus haut niveau du groupe et une politique de gestion désastreuse.
C’est grâce à la qualité du travail des salariés qui compense la moindre qualité des matières premières que l’entreprise obtient des licences avec des grandes enseignes :
Disney, Fauchon, Oasis, Orangina.
Même si le goût de nos glaces n’est plus à la hauteur.
En 2011, Le groupe a de grosses difficultés financières et décide de vendre la seule unité qui est bénéficière : PILPA la seule unité vendable.
Le 1erseptembre nous sommes vendus à un groupe spécialisé dans la production et la commercialisation de crème glacée en marque de distribution R & R.
R & R qui possède 4 unités de production en France et plusieurs autres en Europe (Royaume Uni, Allemagne, Pologne, Italie) est la propriété d’un fond d’investissement : Américain OAKTREE.
Ce fond d’investissement possède des holdings partout dans le monde et entre autres aux Iles Caïman et au Luxembourg.
R & R promet des investissements dans notre usine.
Mais, le 5 juillet 2012, R & R décide de fermer l’unité de Carcassonne, au prétexte de la baisse de consommation de crème glacée en Europe et du manque de rentabilité.
Le cabinet comptable que la CGT a mandaté, après analyse prouve le contraire et démontre que Carcassonne est la plus rentable des 4 unités de production en France.
R & R nous a acheté pour supprimer un concurrent, prendre nos volumes (23 millions de litres), et surtout avoir ce qu’il n’avait pas pu obtenir : nos licences Disney, Oasis, Fauchon, Orangina.
Les salariés de Pilpa ont refusé la fatalité et ont décidé de lutter, par 2 fois ils font casser par le tribunal la décision de la direction.
Alors, 19 d’entre eux décident de prendre leur avenir en main et créent la Scop La Fabrique du sud.
Aujourd’hui La Fabrique du sud produit une crème glacée artisanale avec du vrai lait, de la crème fraîche, des arômes naturels, et favorise les matières premières de la région.
La population de la région a réservé un très bon accueil à cette production et les glaces ont remporté un joli succès. Les résultats sont au rendez-vous.
2 014 a été une année de mise en place il faut maintenant réaliser une performance pour atteindre les objectifs pour 2015 et 2016.

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Bioscop à Castelnaudary

À l’entrée de Castelnaudary, en venant de Carcassonne, juste en face de l’hyper Géant qui prétendait, il n’y a pas si longtemps, ouvrir le dimanche, on trouve un magasin Bioscop.
C’est une SCOP pour le BIO, un beau magasin, élégant, assez grand, plutôt gaie et bien fourni. En fait cette SCOP est une SCIC c’est-à-dire qu’elle n’est pas uniquement composée des salariés de la SCOP mais aussi des fournisseurs des produits à vendre, ici les agriculteurs et aussi des consommateurs c’est-à-dire les clients de la SCOP. Pour venir en AG où on peut y voter il faut en faire la demande, avoir une part de la SCOP et être agréé par l’AG.
affiches bioscop CastelCette volonté d’être à la fois ouvert vers l’extérieur et proche des fournisseurs est très forte dans la Bioscop de Castelnaudary qui affiche d’emblée les règles du jeu à l’entrée du magasin avec une « charte » qui dit :
• Proposer à un large public des produits bios et locaux ;
• Rendre la bio accessible à tous
• Soutenir et développer l’agriculture biologique lauragaise.
• Tous les bénéfices seront réinvestis pour diminuer les prix de vente des produits et pour mieux rémunérer les producteurs et améliorer les salaires.
Cécile, une des trois cogérantes, est ingénieure agronome ainsi que son compagnon. Ils sont aussi agriculteurs dans l’Aude. La SCOP visait au départ la commercialisation des productions locales des agriculteurs bios de la confédération paysanne.
Ouverte depuis mai 2013 la SCOP est bénéficiaire en 2014 et 2015 après une première année déficitaire. Carton plein car elle réussit ces résultats en améliorant les marges des producteurs et en assurant aussi des salaires supérieurs au SMIC ce qui est rare dans le commerce.
bioscop castelClairement la SCOP cherche à créer entre les producteurs, les salariés et les clients une équipe efficace et conviviale. L’ambiance est très sereine et on peut constater des échanges entre les clients dans les rayons. Dans une surface de près de 300 m2 on trouve des rayons variés à commencer par celui des légumes mais aussi des rayons plus habituels dans les magasins bios pour les produits en vrac comme les riz divers et variés, les fruits secs et toute sorte de produits d’épiceries classiques ainsi qu’un petit rayon librairie en liaison avec un éditeur de la région.
Divers projets sont en cours d’étude et notamment pour une conserverie de légumes.
Les deux axes principaux de cette équipe sont la défense d’une bio locale avec une éthique. Le succès est là et avec modestie ils n’en reviennent pas.

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La boite de créateur en Lauragais

Les « créateurs en Lauragais » (LBCL) est une Scop (sous forme de SCIC) qui forme les futurs créateurs d’entreprises. Elle comprend 6 salariés dont 4 formateurs. La gérante est Laurence Delmas.
L’entreprise est basée à Castelnaudary mais est active sur toute l’Aude. Elle forme et suit les « élèves » après les formations dans les diverses démarches qu’ils doivent réaliser pour aboutir à la création de l’entreprise. Une fois la création réalisée, LBCL suit les créateurs pendant la petite période de postcréation.

Réussir une entreprise un pari incertain.
Réussir une entreprise c’est bien sûr trouver son marché mais c’est aussi savoir s’organiser dans un monde ou les contraintes sont très diverses. En effet créer une entreprise n’est pas toujours simple et suppose avant de commencer une série de démarches qu’il faut connaître :

• Administratives : avec la mairie et le département, avec le fisc et la sécurité sociale, les services de l’emploi, les divers services comme la poste, l’EDF, etc.
• Quel type de structure : en nom propre, en SARL, SCOP ou pas, etc.
• Comptables : mettre en place une comptabilité et surtout préparer un « business plan » c’est-à-dire un grand tableau qui prévoit les évolutions des divers paramètres selon les diverses hypothèses. C’est avec ce plan que vous pourrez convaincre, ou pas, les banques de vous aider dans les financements. C’est un peu le sésame qu’il faut savoir préparer ce qui n’est pas une petite affaire.
• Bancaires : trouver une banque, négocier les tarifs et les crédits possibles ;
• Techniques : préparer les achats et les lieux de fabrication et de ventes, trouver et embaucher les salariés, organiser le travail au quotidien ;
• Organiser sa structure de vente.
Autant de questions qui se posent au concret si on veut réussir un projet d’entreprise et souvent les échecs sont causés par des erreurs dues à l’ignorance.

Des demandeurs d’emploi ou encore des artisans

Les gens à former sont en général des demandeurs d’emploi ou encore des artisans membres de diverses associations professionnelles mais les donneurs d’ordre sont les institutions comme « pôle emplois » ou les fonds d’aide à la formation dans le cadre du 1 % sur les salaires qui payent les formations ou ces diverses associations professionnelles.
Les publics visés sont les artisans dans les diverses variétés comme le bâtiment, le soin à la personne comme la coiffure, ou encore la restauration.
Laurence Delmas se déclare faire fonction de passerelle entre un projet et une réalité économique ce qui suppose une grande écoute.

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Une « coopérative » surprenante

Des coopératives il y en a beaucoup mais parfois on en trouve une qui est surprenante et magnifique… mais il faut apprécier la peinture moderne. C’est le cas de la coopérative COLLECTION CÉRÈS FRANCO du nom d’une galeriste spécialisée dans la peinture et la sculpture moderne qui exerçait ses talents à Paris, rue Quinquenpoix, dans la galerie « L’œil de bœuf ».
C’est où et c’est quoi ?
galerieC’est à Montolieu qui est, comme chacun le sait, « le village du livre » dans l’Aude et plus précisément à la sortie du village sur la route d’Alzonne. On voit rapidement que le bâtiment est une ancienne coopérative agricole viticole d’où son nom : « LA COOPÉRATIVE ». Elle est toute belle et toute blanche et vient d’être refaite.
Jusque-là rien de particulier mais en entrant on trouve un grand hall dédié à l’exposition de la peinture et la sculpture mo-derne. Une expo avant-gardiste en pleine campagne c’est troublant mais c’est surtout magnifique. Une grande salle de 800 mètres carrés, avec au premier étage une galerie tout autour et dans les murs quelques petites loges pour y placer quelques sculptures et quelques toiles.
C’est une histoire surprenante qui tient du comte de fées, avec les bons, les méchants, le prince charmant et l’art moderne. Les bons sont les membres de « l’association pour la valorisation de la collection de Céres Franco ». Parmi les bons il y a aussi Madame Céres Franco, une ancienne galériste à Paris qui montrait à tout un chacun les productions des artistes modernes.

Madame Céres Franco
Mme FrancoElle venait du Brésil et après la guerre elle vient à Paris après un séjour de quelques années à New York. Elle aime la peinture moderne et ouvre une galerie qui lui permet d’exposer les œuvres des artistes qu’elle aime. Elle les expose et, de temps en temps, elle en achète pour elle-même et parfois les artistes, qui l’aiment beaucoup, lui en offrent.
Une collection d’environ 1 500 œuvres
Le temps passe et quelques dizaines d’années plus tard elle se retrouve avec une collection d’environ 1 500 œuvres dont certaines sont des artistes devenus célèbres dans le petit monde de l’art moderne. Elle prend sa retraite à Lagrasse (Aude) dans les Corbières et, juste pour le plaisir, transforme sa maison en musée. Madame Céres Franco devenue âgée décide de donner sa collection à la ville de Carcassonne pour les exposer au public.
Là ça se complique car la ville change de municipalité (en 2014) et la nouvelle municipalité (qui joue le rôle des méchants) n’est pas très sensible à l’art (ni moderne ni classique probablement) et décide, pour éviter de « faire des frais » (sic) dans le musée des beaux-arts, de refuser la donation. Madame Franco, très choquée repart avec ses toiles et ses sculptures. Ceux qui les aiment aussi et décident de se constituer en « association pour la valorisation de la collection de Céres Franco ».
Un prince charmant
Parmi eux un quasi-prince charmant (qui s’appelle Foch) et qui habite près de Montolieu offre d’acheter de ses deniers les locaux d’une coopérative vinicole toute proche. Les autres membres de l’association se retroussent les manches, aidés par l’agglomération de Carcassonne et par quelques autres et transforment les bâtiments en musée. Fin de l’histoire qui finit bien.
Vue sur la grande salle depuis la galerie La brochure

galerie

la galerie vue du premier étage

Coopérative de l’art ou art de la coopérative ?
Venez voir toutes ces œuvres très diverses, vous recevrez une petite brochure qui reproduit certaine des œuvres et laissez-vous porter par vos goûts car vraisemblablement vous serez surpris. Personnellement j’ai beaucoup aimé. Pas pour tout bien sûr mais pour beaucoup quand même. L’exposition est joliment faite et les organisateurs ont accroché environ le tiers de la collection donc vous pourrez y revenir.
Et même si La Coopérative est le nom du lieu en fonction de son passé, la référence aux coopératives m’a semblé positive pour l’art et …pour les coopératives. C’est aussi un bel exemple de lutte citoyenne … pour l’art. Cela méritait d’être mis dans notre site.

Quelques unes des œuvres que l’on peut trouver à la coopérative.

trois clownspsychalui et elle

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Tourne-sol une Biocoop à Carcassonne

Une Biocoop est un magasin spécialisé dans les produits biologiques, ça c’est une évidence mais en plus on y trouve un état d’esprit particulier qu’on pourrait qualifier de « militant du bio ». C’est en tous les cas l’ambiance que l’on trouve à la BIOCOOP de Carcassonne. Cela ne signifie pas qu’on vous assaille ni vous contraint à une opinion qui ne vous conviendrait pas. Bien au contraire l’ambiance est à l’accueil, et donne le sentiment d’une grande disponibilité. Mais l’esprit bio est présent comme une évidence.
Tourne-Sol, la Biocoop de Carcassonne, est situé dans une grande zone commerciale mais ne craint pas la concurrence des hypermarchés pourtant très proches. Avec 400m2 et des rayons très variés on a le sentiment de pouvoir y trouver tout ou presque. Tout ce qui concerne les fruits et légumes, les fromages et les produits laitiers, l’épicerie et les vins bio, la nourriture en générale mais aussi bien d’autres produits puisqu’on y trouve aussi une petite librairie.
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Débat « Coopératives contre Capitalisme » avec Benoit Borrits

debat coop contre capitalisme smallA partir des propositions alternatives formulées par Benoit Borrits dans son futur ouvrage, les Amis de la Fabrique du Sud vous invite à une rencontre/débat « Coopératives contre Capitalisme »

Vendredi 26 juin 2015
20h00 – Salle Marcel Paul,
Rue Fédou – 11000 Carcassonne

Venez débattre avec nous!!

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Où en sont les SCOP dans l’Aude ?

C’est pour répondre à cette question que nous avons commencé le 26 mars dernier le cycle de « CAFÉ SCOP » qui s’est transformé en « MICRO-SCOP ».imagesCAWLG5RM

Notre objectif : mieux se connaître et échanger sur les pratiques, les questionnements, élargir et coopérer.

Six SCOP ont répondu ce qui n’est pas si mal pour un début. Continuer la lecture

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26 mars 2015 – 1er Café coopératif

Kfé coopératif smallNos adhérents, lors de l’Assemblée Générale ont validé la feuille de route 2015 de l’association.

L’un des objectifs étant que l’association devienne un acteur fédérateur du mouvement coopératif par l’organisation de rencontres.

 

Acte 1 de ce mouvement par la mise en place d’un café coopératif, jeudi 26 mars de 18h à 20h dans les locaux de l’association…A suivre!!

 

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14 Février 2015 – Assemblée Générale des Amis de La Fabrique du Sud

IMG_0863 (2)Plus d’une centaine d’adhérents et représentés ont participé à l’assemblée générale de l’association pour une journée riche en contenu.
*A noter que se tenait au même moment l’AG de L’Association Autogestion à laquelle l’AG a décidé d’adhérer. Continuer la lecture

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Les journées de l’ESS à Carcassonne

rencontre SCOPCette journée réunissant SCOP, Associations et personnalités a marqué notre volonté de travailler ensemble, échanger sans tabou sur la réalité de nos expériences respectives tant dans le domaine de l’activité économique que sur le management, les conditions de travail, les rémunérations. Continuer la lecture

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